Quand il est mort le poète (Gilbert Bécaud)
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Il n'y a pas de chronologie dans les textes...
même si certains ont des dates de référence ou des explications situationnelles.
( premier essai - 1957 - travail scolaire à l'âge de 10 ans)
Venu de l'Amérique centrale
Dans ces forêts tropicales
Qui entourent les montagnes volcaniques
Étranglées elles-mêmes par trois isthmes,
L'Ara aux couleurs les plus belles
De la tête jusqu'aux ailes
Se dresse sur sa branche
Droit comme un ange.
Sa queue pointe vers le sol
Comme l'aiguille d'une boussole.
On dirait une statue
Jusqu'au moment où il mut,
Lançant son cri perçant,
Brisant les très beaux chants
Des oiseaux jaseurs
Dans ces lieux enchanteurs.
(Travail d'école pour mon frère Yves)
Dieu créa le ciel et la terre !
Or la terre était vague et vide,
Alors Dieu créa la Lumière.
Il fit un firmament au milieu des eaux
Lequel firmament il appela " ciel "
Et il sépara la terre et les eaux.
Il élit de vastes continents qu'il nomma " terre "
Et Dieu dit " Que la terre verdisse de verdure
Et que la masse des eaux s'appelle " mers ".
Il créa deux luminaires au firmament
Et un ciel sidéral dans le vide cosmique
Pour servir de signes pour les jours et les ans.
Dieu dit " Que les eaux grouillent d'êtres vivants
Et que la gent ailée vole au-dessus de la terre
Qu'ils se multiplient dans les mers et le firmament ".
Dieu fit des bêtes sauvages qui rampent sur la terre
Et il créa l'homme pour qu'il les domine
Et l'homme continue toujours son voyage séculaire.
(travail d'école en français, sur les saisons - 1963)
Le vent martèle la feuille sanglante
Qui se tient par un doigt à sa branche,
Le seul refuge qu'elle puisse trouver.
Il la martèle si bien, qu'elle lâche prise
Et, n'en pouvant plus, elle se laisse tomber
Sur son cercueil de ciment au pied de l'arbre.
Mais, d'un souffle puissant, le vent cruel
La traîne vers d'autres cieux.
Elle croit un instant que le bonheur de vivre
Ne lui sera pas enlevé, mais que
Des cieux nouveaux s'ouvrent devant elle.
Mais hélas ! Après que le vent soit épuisé
De jouer avec cette loque baignant dans son sang ;
Après lui avoir donné un peu d'espoir,
Il lui enlève tout ce qui lui restait :
Son espérance, sa joie, son bonheur éphémère,
Et même sa pauvre vie sans valeur.
Elle va s'allonger sur le tapis vert mais un peu jauni
Et dans un dernier soupir,
Elle regarde tomber la neige blanche
Qui la couvrira et l'étouffera pour l'éternité.
Des flocons de neige virevoltent dans l'air duveteux de l'hiver !Des touffes blanches tapissent les bois de mousseline et coiffent les sapins d'une tuque sur le cant. Le joli mois de décembre avec son cortège de blancheur ponctue les toits des maisons et leur invente une toilette de saison. Avant de noyer leur chute dans les rivières, les larmes caressent les roches ; des tourbillons de neige sur glace fragile glisse sur les ruisseaux. Une féerie indescriptible s'anime quand le soleil sombre derrière les collines et projette des jets enflammés sur la campagne.
Les amours hivernales sont prétextes aux baisers échangés sous le gui ; main dans la main, les tourtereaux gambadent dans cet univers ouaté pour adapter le rythme de leurs désirs à celui du firmament qui verse des gouttelettes givrées. Les gamins pelotonnent des balles pour déterrer la hache de guerre des attaques au grand air. L'atmosphère respire la lavande... on se gave de courses dans le vent, de promenades dans le soir, quand le ciel apaisé a emmitouflé les bras des arbres frileux sous la brise. Dans les chaumières, les tous petits se collent le nez aux carreaux avant de se faufiler sous les couvertures ! Ils anticipent la venue du Père Noël... esquissent avec leurs doigts mutins, son chariot et ses rennes dans la pénombre. Certes, ils ont été très sages et s'endorment avec l'espoir que Jésus les gavera de présents...
J'aime à revoir au printemps
Le vol harmonieux des oiseaux
Venant de ces pays d'antan ;
J'aime à entendre de nouveau
Les cris joyeux des enfants
Qui sortent des eaux.
J'aime à revoir poussé dans le vent
Les fleurs, les coquelicots.
J'aime, j'aime, j'aime tout le temps
Quand les jours sont beaux.
C'est aussi le temps où les amants
Essayant de vendre cher leur peau
S'unissent en succombant
Devant tout ce renouveau
De ce splendide printemps.
Pourquoi le rossignol tarde-t-il si longtemps ?
Oublie-t-il de venir nous consoler ?
L'été n'est pas encore là, mais l'été va venir.
Midi, roi des étés, épandu sur la plaine,
Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu
Tout se tait. L'air flamboie et brûle sans haleine ;
La terre est assoupie en sa robe de feu.
Qu'il est doux d'errer parmi les bocages verts,
Dans les beaux jours de l'aimable saison d'été
Quand les oiseaux voltigeant de branche en branche
Vous y invitent par leur sauvage mélodie.
La saison d'été siège couronné de fleurs,
Fardant les campagnes de couleurs variées
Habillant de fête des jeunes filles et chantant les amours
Faisant poindre l'épi des moissons qu'ont semés les laboureurs
un poème anglais remis par ma religieuse, lors du décès de John F. Kennedy en novembre 1963, m'a inspiré cet acrostiche
Jusqu'à l'aube éternelle un monde noir de deuil ;
Oswald n'aura été que le triste visage
Héritier de la haine, image de l'orgueil.
Notre faute à nous tous s'en trouvait le présage.
Faute de charité et absence de foi,
Ignorance de Dieu et mépris pour son Œuvre ;
Tant de destinées étreintes à la fois ;
Zèle du mal et puis malice de manœuvre
Galvanisé par lui ; l'homme avait pris espoir,
Espoir d'un sort meilleur, espoir de paix durable ;
Rêve d'un univers où l'arme du pouvoir
Aurait été plutôt le phare véritable
Le guide sûr et fort de l'homme et son destin
Dans un chemin bien droit, dans l'ordre et l'harmonie
Kyrielle d'espoirs, mais espoirs d'un matin
Écrasés et broyés par une ignominie
Non il n'était pas seul dans son repaire étroit
Nous étions avec lui dans la honte et la haine
Et aucun ne saurait s'excuser à bon droit
Dallas est notre faute et aussi notre chaîne
Y trouver notre tort c'est retrouver l'espoir
Le ciel bleu, blanc d'être trop bleu
Ne laisse aucune ombre
Sur la terre angoissée
Aucune ombre, sinon la sienne propre.
Elle n'est même pas bleu,
Ni blanche, ni bienfaisante,
Ni apaisante.
Elle est là simplement, cette ombre
Sans qu'on sache ni où, ni quand,
Ni pourquoi.
Elle est là pourtant
Parce que tout ce qui existe
Tout ce qui subsiste
En laisse une, en crée une,
Quelque qu'elle soit
Quoiqu'on en pense.
J'ai marché, j'ai couru
J'ai erré, et j'ai reçu
En échange de cette ombre
La seconde : une pénombre
La mienne.
Elle était, me direz-vous
Tout aussi invisible que la première
Certes, puisqu'elle était tout aussi lumière.
Que faire de cette seconde ombre enlacée
Mais ignorée
Qu'en faire sinon la piétiner
Comme un cœur,
Sinon la dédaigner
Comme un pleur,
Sinon la renier
Comme une trêve,
Sinon y renoncer
Comme à un rêve.
Deux silhouttes
Aux creux d'un tronc
Baisent leur front
Deux ailes blanches
Entre les branches
Une mouette
Entend ce chant
Au fil du vent
Deux ombres noires
Fuient sur l'espoir
La Sagesse crie par les rues,
Sur les places publiques elle élève la voix;
À l'angle des carrefours, elle appelle,
Aux portes de la ville elle prononce un discours:
"Jusqu'à quand, ô simples,
Aimerez-vous la simplesse?
Et les railleurs, se plairont-ils à railler?
Et les insensés haïront-ils le savoir?
Convertissez-vous à mes exhortations;
Pour vous je vais épancher mon coeur,
Et vous faire connaître mes dires:
Puisque j'ai appelé et que vous avez refusé,
Puisque j'ai étendu la main
Sans que nul y prenne garde,
Puisque vous avez négligé mes conseils
Et que vous n'avez pas répondu à mes remontrances,
À mon tour de votre détresse rirai,
Je vous narquerai quand viendra l'épouvante.
Quand l'épouvante fondra sur vous comme l'orage
Et votre détresse comme un tourbillon,
Quand l'épreuve et l'angoisse fondront sur vous,
Alors ils m'appelleront, mais je ne répondrai pas;
Ils me chercheront et ne me trouveront pas.
Ils détestaient le savoir,
Ils n'aimaient pas m'entendre parler,
Ils faisaient fi de toutes mes remontrances;
Ils mangeront donc du fruit de leurs errements,
Ils se rassasieront de leurs propres conseils!
Car l'égarement des simples les tue,
L'insouciance des sots les mène à leur perte;
Mais qui m'écoute demeure en paix,
Il sera tranquile, sans craindre le malheur!.
POUR LEUR PARLER DE VOUS (1964)
Je reviens après la cloche du départ,
Le local est vide et sent le lilas mort.
Les pupitres déserts regrettent amèrement
Votre présence chaude et rassurante.
Pourtant quand vous êtes là,
Ils ne savent qu'inventer
Pour vous obtenir un sourire.
Mais ils n'y arrivent pas,
Impuissants en rangs serrés inlassables
Parce qu'ils sont de bois !
A la fin de ces deux années à la Présentation,
Je vous rends grâces, Seigneur
Pour les professeurs compétents, dévoués,
Pour ces compagnes si gentilles, si aimables,
Pour leur personnalité attachante,
Leur sourire, leurs rires éclatants,
Leur soif de vérité,
Pour la bonne entente,
L'esprit d'entraide entre chacune,
Pour leur simplicité,
Image de la Vôtre,
Pour la mission si grande qui attend,
Pour le don reçu,
Pour la joie du don aux autres en votre amour,
Je vous rends grâces, Seigneur !
Sur la branche de mon cœur,
La joie, reposait en paix,
Jusqu'au jour où le malheur
Vint rompre cette paix.
Alors la joie pris son vol
Pour un autre cœur
Et la tristesse, cette folle,
Vint se poser dans mon cœur.
Sur la branche allongée,
Elle resta là immobile
Sans que je puisse tuer
Mon mal si pénible.
Mais un jour, un très beau jour,
Vous connaissez l'amour
Ainsi, dans les rues de mon cœur,
Se promène comme un voleur
Celui qui à chaque instants
M'offre de merveilleux moments.
Alors, comme les oiseaux au printemps
Reviennent au bercail,
La joie, de la tristesse triomphant,
Vint se poser sur son perchoir.
Ainsi, pendant toute l'éternité,
J'ai connu la joie d'aimer.
J'ai dit toute l'éternité,
Car celui de qui je suis aimée,
Est le Grand Donneur
De la vie et du bonheur.
Il ne se lasse jamais
De donner ses bienfaits
A ceux qu'Il aime
Et à ceux qui l'aime
Seigneur, je sais que déjà et même avant ma naissance,
Tu as placé sur mon chemin celui qui s'unira à moi
Pour la vie afin de mieux Te louer.
Toi, Tu sais où il se trouve, ce qu'il fait,
Tu connais ses parents, sa vie... ses ambitions...
Et surtout, Tu sais, l'année... la saison... le mois...
Le jour... l'heure... la minute... la seconde...
Où nous nous regarderons.
Moi, je vais vers l'inconnu...
Et comme c'est dur !
Seigneur, j'ai tellement hâte de le rencontrer !
Quand est-ce que Tu me le présentes ?
Est-ce un samedi ? Le soir ?
À quelle heure ? quand ?
Dis, au moins, Seigneur,
Tu as sûrement un jeune homme pour moi ?
J'ai tellement besoin d'aimer,
D'ètre aimée, et de me donner.
Tu me connais, Seigneur...
Je sais, l'amour est une grande chose !
Il ne faut pas jouer avec l'amour...
Seigneur, Toi qui est Tout-Amour,
Apprends-moi à aimer
J'espérais, Seigneur d'un grand espoir,
Tu t'es penché vers moi,
Tu as écouté mon cri.
Oh! Mais combien tu as fait
Pour nous, des merveilles, des projets.
Rien ne se mesure à toi !
Je veux le publier, le redire:
Tu m'as fait découvrir
Celui qui m'était destiné.
Maintenant qu'il est là,
Seigneur, je veux l'aimer.
L'aimer de tout mon être,
L'aimer toute ma vie.
Je veux aussi être fidèle
À ta parole, quand Tu as dis:
Multipliez les hommes,
Et aimez-vous les uns aux autres.
Seigneur, je Te remercie
Pour avoir répondu à mon appel,
Pour m'avoir permise d'aimer
Ainsi que d'engendrer.
Merci, Merci pour tout !
Seigneur, tu sais avec quel ardent élan
ma parole t'invoque pour les autres êtres.
Je t'implore maintenant pour un qui est mien,
mon vase de fraîcheur, miel de ma bouche,
substance de mes os, doux but de mon étape,
chant à mon oreille, anneau a ma taille.
Je m'inquiète de ceux en qui je n'ai rien mis de moi:
Ne te détourne pas si je te prie pour celui-ci.
Je te dis qu'il est bon, je te dis qu'il a
le coeur tout entier à fleur de poitrine,
qu'il est doux, franc comme la lumière du jour,
gonflé de prodiges comme le printemps.
Celui qui n'a pas eu de prières sur ses lèvres
est soyeux comme comme fleur en bouton
Il fut cruel envers toi ? Tu oublies que je l'aime.
Et c'est, tu le sais bien, amer que d'aimer,
d'avoir toujours les yeux baignés de pleurs,
de rafraîchir de baiser son cilice
en gardant toujours un regard d'extase.
Le froid du fer qui transperce est délicieux
lorsque la chair qu'il déchire est une gerbe d'amour.
Et on porte sa croix. T'en souviens-tu, roi des Juifs ?
Tendrement, comme une gerbe de roses.
Me voici, Seigneur, le visage dans la poussière,
prête à t'implorer pendant tout un crépuscule,
pendant tous les crépuscules de ma vie,
si tu tardes à me dire le mot que j'attends.
J'accablerai tes oreilles de mes prières et de mes sanglots,
chien fidèle, je baiserai le bord de ta robe,
tes yeux aimants ne pourront me fuir,
ni tes pieds se dérober à la rosée chaude de mes larmes.
Prononce le pardon ! Prononce-le. Ce mot va jeter dans le vent
le parfum de cent vases d'essences répandues;
l'eau ne sera qu'éblouissement, le désert va fleurir,
la pierre étinceler.
Les yeux sombres des fauves vont se mouiller,
la montagne dont tu as forgé le roc
pleurer sous les blanches paupières des glaciers;
la terre entière saura que tu as pardonné.
Ramène-moi, Seigneur, chez-moi...
Tu le sais bien, Seigneur,
Toi qui vis dans mon cœur,
que la plupart du temps
je suis hors de chez moi !
Mon esprit vagabonde,
errant de par le monde,
en quête de bonheur...
Ton immense bonté
te retient enchaîné,
au milieu de mon cœur,
et moi, je suis ailleurs !
Tu es tout seul... chez-moi !
Tu le sais bien, Seigneur,
que ma soif de bonheur
m'entraîne incessamment
en dehors de chez moi.
Des rêves chimériques,
des projets fantastiques,
voilà toute ma vie.
Seigneur, ramène-moi
dans ma demeure intime
où Te trouve ma Foi.
Désormais, chaque jour,
vivant d'un même amour,
pour la gloire du Père,
le salut de nos frères.
Nous serons deux... chez moi !
Seigneur, Ecoute... Regarde... Pardonne... et Sourit...
O toi, Seigneur qui est là-haut,
Maître des hommes et des animaux,
Toi qui voit et qui écoute avec bonté
Tes propres enfants éplorés,
Tu ne peux être si distant envers eux,
A leurs cris désespérés et même parfois séditieux.
Toi qui est la bienveillance même,
Toi Seigneur l'Être suprême
Tu ne saurais les blâmer
S'ils implorent ta bonté.
Tu es leur seul soutien
Sans toi, ils ne sont rien.
Pense, Seigneur, aux pauvres petits orphelins,
Pauvres hirondelles tombées du nid !
Pense qu'il y a des sourires enfantins
Qui attendent qu'on leur sourit !
Il y a des petits bras, qui le soir, tout en pleurs,
Cherchent quelqu'un qui les serre sur leur cœur !
Pense aussi, aux femmes, aux mères avilies,
Pleine de désillusions et de mélancolie.
Le désespoir leur serre la gorge comme un étau,
Elle voudrait mourir, attendant un amour nouveau,
L'amertume s'est installé là où vivait l'amour.
Étant fatiguées par l'attente du retour
D'un mari ivre, ou d'un enfant prodigue.
Pense Seigneur, au père infortuné
Qui travaille à la sueur de son front ridé
Pour pourvoir aux besoins des siens
Qui en retour ne lui apporte rien.
Il n'est attendu que pour l'argent,
Et c'est ainsi qu'il vivra : patient !
Les jeunes adolescents que nous sommes
Ont aussi besoin que tu leur pardonnes
Pour leur indifférence à Ta religion
Plus tard, au stage adulte, ils la comprendront.
Pardonne-leur s'ils T'injurent et Te blasphèment,
Plus tard, je l'espère, ils te diront des poèmes.
Accorde aussi une de tes bienveillantes pensées,
Aux infirmes, aux malades abandonnées,
Qui vivent dans la solitude et le désespoir
Attendant en vain le secours d'un soir.
Maintenant, tous ensemble nous t 'implorons,
Accorde-nous avec indulgence ton pardon,
Tu es, Seigneur, notre unique ressource,
Nos cris viennent du cœur, non de la bouche.
Ecoute... Regarde... Pardonne... et sourit...
Nous, nous ne pouvons que dire MERCI !
(à l'occasion d'un party avec ma gang lavalloise - 1966)
premier acte: les filles...
Je n'aie rien contre les filles
Elles sont toutes gentilles
Dans notre groupe elles brillent.
Michaele, que les garçons ont surnommées
Pour leur plaisir, le garçon manqué
Est vite sur ses patins et ne cesse de grouiller
Et de parler, elle est le centre des soirées.
Il y a aussi Francine
Ce n'est guère une capucine
Car elle a toujours le fil
Des conversations très fines
La sœur de Jean-Charles, Danielle
N'est nul autre qu'une demoiselle
Que les garçons toujours en selle
Ont surnommée l'autruche aux grandes ailes
On ne peut oublier Michelle
On n'a rien contre elle
Encore bien moins Jean-Charles
Car ils sont deux inséparables.
Croyez pas que je me suis oubliée
Mais ce n'est pas à moi de parler
Car je ne sais pas ce que vous penser
Je n'aie rien de spécial
Les vers que j'écris sont banals
Ils ne sont pas comme ceux de Nerva
deuxième acte: les garçons...
Les garçons sont tous les mêmes
Mais je peux vous dire quand même
Qu'ils ne sont pas bêtes.
Prenez par exemple Jean-Charles
On ne peut s'en empêcher, on l'achale
Mais ce n'est pas un bancal
Michelle peut vous dire qu'il n'a pas son égal.
Un autre garçon, André St-Louis
Il veut devenir prêtre, pauvre lui !
Peut-être a-t-il une raison à lui
Mais pour moi c'est un ennui
Quoique je ne déteste pas cet ami
Quant à Claude l'électricien
On ne peut pas dire que c'est un vaurien
Car en électricité il nous dépasse bien
Et avec Michael il s'est formé un lien.
J'allais oublier André Lapointe
Pourtant il n'est pas le moindre
De ses farces il nous pointe
Et dans celles-ci on ne peut le rejoindre
troisième et dernier acte...
J'espère que vous n'êtes pas fâché
J'ai écrit sans méchanceté
Bien sûr c'est pour s'amuser
Du moins c'est ce que j'ai pensé
Je n'ai pas voulu vous conspuer
En tout cas c'est terminé !
(hommage fantasmique à mon copain de l'époque - j'avais 16 ans)
Je l'aimais, je l'aimais trop bien,
Je ne le trouvais pas comme les autres,
Lui qui ne possédait rien, mais rien.
Et qui vous recevait comme un hôte.
La nature ne l'avait pas bien comblé.
Mais Dieu lui ne l'avait pas ménagé :
Sérieux, et compréhensif, c'est lui !
Honnête et bon, c'est encore lui !
Et se sera toujours lui !
Mais voilà, sa bonté, son honnêteté,
Son sérieux et sa compréhension,
Firent de lui, un homme choyé
Aux dépends de ses compagnons.
Maintenant dans la paix d'un cloître
Il médite ses 20 années passées
Et il ne me reste que pour espoir,
Qu'il gagnera mon cœur blessé
Pour l'offrir à son Maître et Roi
Pour me faire oublier que c'était moi !
(à la suite d'une mésaventure avec de jeunes voyous qui m'ont tabassé un soir ou j'entrais chez moi)
Un vaurien, un homme inique,
il va la bouche torse,
Clignant de l'œil, traînant les pieds,
jouant des doigts.
Le cœur tordu, méditant le mal
en toute saison
Il suscite des procès...
Aussi, soudain, viendra sa ruine,
sa chute sera subite
et sans remède !
(en 1965-66 je travaillais au centre-ville de Montréal et au retour du travail, tard le soir, il m'arrivait de rencontrer des "filles de joie" d'où l'idée d'écrire ce texte)
Par la fenêtre de sa demeure,
Elle s'est penchée sur la place
Pour envisager peut être parmi de jeunes ingénus
Un blanc-bec dépourvu de sens.
Passant par la venelle, près du coin de l'étrangère,
Il gagne le chemin de sa maison
A la brune, au tomber du jour,
Au cœur de la nuit et de l'ombre.
Et voici que cette femme vient à sa rencontre
Faite comme une fille, enveloppée d'un voile
Elle est hardie et insolente
Ses pieds ne peuvent tenir à la maison
Tantôt dans la rue, tantôt sur les places
A tous les coins elle se tient aux aguets
Elle se jette sur lui et l'embrasse
D'un air effronté elle lui dit :
J'avais à offrir mon corps
J'ai accompli mes vœux aujourd'hui
Voilà pourquoi je suis sortie à ta rencontre
Pour te chercher et je t'ai trouvé
J'ai garni de couvertures le divan
J'ai déployé la fine soie de Chine
J'ai aspergé ma couche de parfum
De cinnamome et d'aloès
Viens ! Enivrons-nous d'amour jusqu'au matin
Livrons-nous à la volupté
Car point de mari à la maison
Il est parti pour un long voyage
A force de persuasion, elle le détourne
Par la séduction de ses lèvres elle l'entraîne
Dans son trouble il la suit
Tel un bœuf conduit à l'abattoir
Tel un cerf qui se prend au lacet
Jusqu'à ce qu'un trait lui perce le foie
Tel l'oiseau qui se jette dans le filet
Sans savoir qu'il y va de sa vie
Partout on se lamente,
Les salaires sont trop bas.
De l'argent on en demande
Toujours davantage.
Pourtant il y a une personne qui travaille
Et qui ne demande jamais
Si difficile que soit son travail
Son enveloppe de paie.
C'est la mère !
Elle est cuisinière, blanchisseuse,
Elle frotte, elle brosse,
Elle est infirmière, repasseuse,
Elle coud, elle raccommode.
Elle ne peut manger en paix,
Elle sert à table comme un valet.
Toujours la première levée,
Et la dernière couchée.
C'est la mère !
Elle n'a pas une politique particulière :
Mais son cœur lui suggère
Le moyen de gouverner :
Le sourire, voilà la clef.
Aujourd'hui son sourire
Est plus lumineux,
Car une larme brille
Au fond de ses yeux.
Elle n'a pas fait de chefs-d'œuvre ;
Mais quelque chose de plus grand,
Sur ses genoux s'est formée une œuvre
Ce qu'il y a de mieux au monde :
Une femme honnête, un homme honnête.
Voilà la mère !
Elle se donne toujours
Et sa dernière pensée
Ne sera pas pour elle
Mais pour ceux qui restent.
On ne s'aperçoit pas toujours
De ce miracle de bonté
Et de sacrifice, que le jour
Où elle ferme les yeux.
Vive la mère !
(certains soirs où je me laissais prendre au jeu d'un amour maternel qui n'était pas toujours présent)
... à ma mère
Collée à une sèche fissure, laisse-moi te dire :
seins bien-aimés qui m'avez nourrie d'un lait plus vif qu'un autre lait; yeux clos qui m'avez regardée d'un regard qui me couvait ; genoux qui me réchauffiez comme four qui ne froidit pas ; petite main qui me touchait d'un toucher où je fondais toute ;
Ressuscitez... Ressuscitez.....
si l'heure existe, si le jour est vrai, pour que le Christ vous reconnaisse et que vous versiez joie à une autre terre, pour que mon Archange vous paie forme, sang et lait qui furent miens et que vous récupériez enfin la vaste et sainte symphonie des antiques mères.
Tu as connu la joie de vivre...
il te faut la donner...
Tu as connu la fraternelle amitié...
il te faut la répandre...
Tu as reçu le soleil du don...
il te faut rayonner...
Tu as reçu la lumière pure du matin paisible...
il te faut la garder...
Disponible au soleil comme la fleur naïve...
fais de la lumière...
Une lumière qui pacifie
Une lumière qui réchauffe
Une lumière qui illumine
Mais souviens-toi que
Faire de la lumière
Est plus difficile que
De faire de l'or
Si je ne savais que la vie ne fut
Qu'un long cri de désespoir
Lancé vers l'infini
Et qui demeure à jamais
Sans réponse,
Si je ne savais la haine
La honte, les pleurs
Qui coulent de ces corps,
A demi-desséchés
Sans arrêt,
Si je ne savais les hommes méfiants
Qui vivent vaincus
L'espace éblouissant d'une lutte
Dont ils possèdent la victoire
Sans raison,
Alors je partirais légère
Vers je ne sais
Quelle Espagne
Avec une rose au bout des dents
Et des réserves
De printemps
Et puisque Dieu
Serait d'accord
Il s'embarquerait
Avec moi.
Car c'est ainsi que les hommes vivent !
Septembre ! nostalgie
des rires enfantins
souvenir d'un parfum
nocturne
aurore d'un matin
sans rosée
Je souris
Je pleure
Septembre ! crépuscule
d'un jour noir
souvenir des larmes
d'amour
deuil
souffle d'espoir
Je souris
Je ris
Automne ! fraîcheur
du lac
sommeil de la feuille
monotonie
rêve macabre
Je souris
Je soupire
Noël ! germe
d'une nuit
rires lugubres
pauvreté
du riche
illusion de joie
Je souris
Je cherche
Printemps ! odeur
enivrante
absence d'un homme
montée de la rose
clameur de la fille
Je souris
J'espère
Liberté ! rires
enfantins
parfum nocturne
solitude partagée
Je souris
Je découvre
J'aime
Ma vie c'est un rêve,
Ma vie c'est toi,
Ma vie c'est quand même
Un rêve près de toi.
Chaque soir,
Dans la nuit,
Moi je pense à toi !
Moi je sais que ton cœur
N'appartient qu'à moi !
Si seulement tu savais
Où est le bonheur !
Notre amour,
Pour toujours,
Est pour nous sans retour…
Comme un nuage
Lors d'une tornade
Tu étais parti
Sans un avis.
Pris que vais-je faire
Seul sur la terre
Pardonne-moi !
Je sais que toi tu ne m'aimes plus
Je sais que toi tu ne penses plus à moi
Je sais que toi tu ne souris plus
Je sais que toi tu ne parles plus de moi
Je sais qu'un jour je t'ai menti
Pourtant il n'y a pas longtemps l'on s'aimait tant.
En ce dernier soir,
Je restai plus longtemps
Penchée, entendant
Renaître l'espoir.
Souviens-toi bien
Des détails, des riens,
Ils te feront penser
Aux beaux jours du passé
Si jamais tu oublies
Le séjour du bonheur,
Retrouve sans mépris
L'enfance de ton cœur.
Car jamais effacé
Sera ton passage
Même dans les vieux âges
Je te retrouverai.
Le souvenir, présent céleste,
Ombre, des biens que l'on n'a plus,
Est toujours un bonheur qui reste
Après toux ceux qu'on a perdus…
Du cœur du silence, c'est à toi que je pense
A toi qui ce soir est si loin de moi.
Je pense à la joie d'être dans tes bras
Mais pourquoi n'es-tu pas là ?
Du cœur du silence dans la nuit qui s'avance
Je reste éveillée en rêvant de toi
Je vois ton visage tout près de moi
Mais pourquoi n'es-tu pas là ?
Déjà le jour se lève sur un bleu ciel
Au bout de l'horizon vermeil
Pourquoi cacher que j'ai pleuré
J'ai tant d'amour à te donner.
Du cœur du silence, c'est à toi que je pense
A toi qui demain sera peut-être près de moi
Mais pourquoi n'es-tu pas là ?
Avec toi, je ne vis que d'amour
Pour toi, je vis chaque jour
Que le ciel me donne ton retour
Car moi je ne pourrais vivre sans ton amour.
Un beau jour toi tu es parti
Sans te soucier de ce que serait ma vie
Car tu voyais un meilleur destin.
Maintenant que j'ai ton amour,
Je te pardonne ton séjour
Et puisque tu es revenu
Dans mon cœur tu es le bienvenu.
Ensemble maintenant nous serons heureux
Car tu sais, le bonheur se fait à deux
Et l'amour n'est pas seulement un jeu
Le cœur brûle quand on est amoureux.
La communion de deux êtres qui s'aiment
Engendre le plus beau des poèmes
Et c'est ainsi que la joie se sème.
Tu veux être heureux avec moi ?
Alors ne part plus comme autrefois
Je veux te garder tout entier pour moi,
Tu acceptes d'être ma douce proie ?
Je me taisais, et mes os se consumaient
à rugir tout le jour
la nuit, le jour, ta main
pesait sur moi
mon cœur était changé en un chaume
au plein feu de l'été.
Mon âme a soif de toi,
après toi languit ma chair,
terre sèche, altérée, sans eau,
je veux te contempler, t'aimer,
voir ta puissance et ta gloire.
Meilleur est ton amour que la vie,
mes lèvres diront ton éloge,
je veux t'aimer en ma vie,
à ton nom, élever les mains.
Quand je songe à toi dans mon lit
au long des veilles je médite sur toi
toi qui fus mon secours, mon amour
et je jubile à l'ombre de tes ailes
mon corps se presse contre toi
ta droite me sert de soutien.
Il court librement dans le sillon, bat de l'aile dans le vent,
palpite dans le soleil, se pose sur les pins.
Rien ne sert de l'oublier comme une mauvaise pensée :
Il faudra l'écouter !
Il parle la langue du bronze, il parle la langue des oiseaux,
il a des supplications timides et des impératifs de mer.
Rien ne sert de le regarder d'un air de défi, ni d'un sourcil froncé :
Il faudra l'héberger !
Il a l'allure d'un maître, les excuses ne le touchent pas,
il déchire le calice de la fleur, il fend le glacier profond.
Rien ne sert de lui dire qu'on ne veut pas de lui comme hôte :
Il faudra l'accepter !
Il a des arguties subtiles dans sa fine réplique,
des raisons de savant avec une voix de femme.
Ni science humaine ne saurait nous sauver, ni science divine :
Il faudra le croire !
Il met un bandeau sur nos yeux et nous souffrons le bandeau,
il nous offre un bras chaud et nous ne savons pas refuser.
Il va et nous le suivons ensorcelés, même en sachant
Que c'est pour mourir…. D'amour !
Je crois en mon cœur, bouquet de parfums
embaumant d'amour ma vie toute entière.
Je crois en mon cœur, mon cœur qui ne demande rien,
car il contient le songe suprême
et dans ce songe étreint, en maître immense, toi !
Je crois en mon cœur, mon cœur qui palpite,
mon cœur toujours répandu mais jamais vidé.
Je crois en mon cœur, mon cœur qui repose
sur ton sein doux et fort.
Donne-moi ta main
Et nous danserons
Donne-moi ta main
Et tu m'aimeras
Nous serons ainsi
Qu'une seule fleur,
Ainsi qu'une fleur
Une fleur, c'est tout
C'est le même chant
Que nous chanterons
C'est le même pas
Que nous danserons
Comme un seul épi
Nous ondulerons
Comme un seul épi
Un épi, c'est tout
Tu t'appelles Rose
Et moi Espérance
Mais nous oublierons
Ton nom et le mien
Et sur la colline
Nous ne serons plus
Qu'une unique danse
Unique, c'est tout
![]()
(poème écrit sur une carte de Noël envoyée à André en 1969)
à André...
avec des sentiments de la plus profonde humilité, d'un cœur aimant et fidèle, je dédie ce poème pour qu'il perpétue notre bonheur au-delà des années.
Ce soir la lune rêve avec plus de paresse et à l'heure où dans les champs l'ombre des mots s'allonge, j'exerce ma mémoire à retrouver de toi le moindre souvenir. Une pareille nuit contemplée dans la solitude, mon cœur ne peut y tenir.
Comme un lys sur les eaux que la rame incline, ta tête mollement se penche sur ma poitrine. Ton sourire illumine la nuit. Tes yeux reflètent mes yeux qui les regardent,. Ta lèvre répond en soupirant à ma lèvre qui soupire. Nos deux âmes se confondent dans un baiser, car les choses les plus profondes et les plus pures ne sortent pas de l'âme tant qu'un baiser ne les appelle. Ce faisceau de rêves me grisent et m'entraînent jusqu'aux lointains de l'amour. Sous la couche épaisse de nos actes, notre âme d'enfant est demeurée inchangée car notre âme échappa au temps.
Je ne sais, ni n'invente, je dis ce que je vis !
Que serais-je sans toi
Toi qui m'as tout donné
Je t'adore, mon amour, avec toute la violence de la femme
De la femme libérée du refoulement.
Et c'est toi qui a accompli ce miracle !
Par ton amour, tu as fait de mon corps raidi
De ne pas avoir été plié par l'acte de chair,
De ne pas avoir été pétri par les mains de l'homme,
Le plus beau corps de femme, de la femme qui aime.
Je t'adore, mon amour, avec toute la force de mon être
De cet être triomphant de la femme satisfaite
Qui prend son désir et qui sait aussi le donner
Par ton amour, tu as fait de mes nuits de rêve
Le miracle de l'amour, le fruit de mon imagination.
Tout en me réservant pour toi, tu me possèdes déjà
C'est notre force et notre secret !
Que serais-je sans toi
qui m'as tout donné…
J'aimais tant le son de ta voix,
La chaleur de ton corps sur moi.
Tu me faisais oublier mes soucis
Pas un ne savais le faire ainsi.
Je t'aimais, mais silencieusement,
Tu n'as pas su découvrir mes sentiments
Et tu es parti, comme ça, tout simplement,
Sans te rendre compte que je souffrais terriblement.
Mais je ne t'oublierai pas, toi
Tu peux toujours compter sur moi
Comme sur un de tes meilleurs amis
Et pendant toute ta vie.
Je t'aime ardemment
Mais très secrètement.
Qu'ils sont étranges, mes sentiments
Ce ne sont pas ceux de passionnés amants.
Avant les souvenirs, j'exerce ma mémoire,
À retrouver de vous le moindre souvenir,
De la lèvre ou de l'oeil et j'ai de longs moments,
Comme auprès d'une source on a le goût de boire.
Le regret de ne pas vous avoir chaque fois
Trait pour trait dessiné aux saisons de moi-même,
Pour qu'au loin de ce temps ce doux fantôme j'aime,
Comme j'aime aujourd'hui l'écho de votre voix
J'aurai pour vous inscrire au creux de mes années,
De longs gestes très doux comme des vols d'oiseaux
Lents et mélodieux attardés sur les eaux,
D'où les amours des mains et des ailes sont nés.
Si tu me regardes, je deviens belle
comme l'herbe sous la rosée
et les grands roseaux ne reconnaîtront pas
mon visage ébloui quand je descendrai à la rivière
J'ai honte de ma bouche triste
de ma voix brisée, de mes genoux rudes.
Après que tu es venu et m'a regardée,
après m'avoir marquée de ton baiser,
mon front rugueux était d'éclat.
Il est nuit, la rosée descend sur l'herbe;
regarde-moi longtemps, parle-moi avec tendresse;
depuis que tu as levé ton regard sur moi,
je suis belle !!!
As-tu regardé
Les enfants jouer
As-tu regardé
Les enfants pleurer
Dans certains visages
Il y a du bonheur
Dans d'autres visages
Il y a du malheur
As-tu regardé
Les enfants sourire
As-tu regardé
Les enfants courir
De jour en jour ils se laissent aller
De jour en jour c'est fête et gaieté
(inutile de dire que c'était lors d'une dépression)
Que périsse le jour qui m'a vu naître !
Ce jour là, qu'il soit ténèbres
Et que la lumière ne brille pas sur lui !
Qu'une nuée s'installe sur lui
Qu'une éclipse en fasse sa proie
Que l'obscurité le possède
Qu'il ne s'ajoute pas aux jours de l'année
Qu'il n'entre pas dans le comput des mois !
Que cette nuit là soit lugubre
Qu'elle ignore les clameurs joyeuses !
Que la maudissent ceux qui maudissent les jours
Que se voilent les étoiles de son aube
Qu'elle attende en vain la lumière
Et ne voie pas s'ouvrir les paupières de l'aurore !
Car personne a fermé sur moi la porte du ventre
Pour cacher à mes yeux la souffrance
Pourquoi ne suis-je pas morte dès le sein ?
Pourquoi n'ai-je pas péri aussitôt enfantée ?
Pourquoi s'est-il trouvé deux genoux pour m'accueillir ?
Maintenant je serais étendue dans le calme
Je dormirais d'un sommeil reposant
Je serais comme les petits qui ne voient pas le jour
Là, prend fin l'agitation des méchants
Là, se repose les épuisés
Même les captifs sont laissés tranquilles
Et n'entendent plus les cris des surveillants
Là, petits et grands se confondent
Et l'esclave recouvre sa liberté
Pourquoi donner à un malheureux la lumière
Et la vie à ceux qui ont l'amertume au cœur
Qui aspirent à la mort sans qu'elle vienne
Fouillent à sa recherche, plus que pour un trésor ?
Ils se réjouiraient en face du tertre funèbre
Ils s'exulteraient s'ils atteignaient la tombe
Pourquoi ce don à l'homme qui ne voit plus sa route
Et que Dieu cerne de toutes parts ?
Pour nourriture, j'ai mes soupirs
Comme l'eau, s'épanchent mes rugissements
Toutes mes craintes se réalisent
Et ce que je redoute m'arrive
Ni tranquillité, ni paix pour moi
Et mes tourments chassent le repos
![]()
(lors de ma dépression en 1980 - ce sera mon dernier poème - comme si mon esprit créateur était mort à défaut de faire mourir mon corps…)
Ne serre pas mes mains.
Le temps sans fin viendra
se reposer avec beaucoup de poussière
et d'ombre entre mes mains croisées.
Et tu diras : Je ne peux plus l'aimer,
ses doigts se sont égrenés comme les moissons
Ne baise pas ma bouche.
Il viendra l'instant
de lumière amortie où
je serai sans lèvres sur un sol mouillé.
Et tu diras : Je l'ai aimée, mais je ne puis plus
maintenant qu'elle ne peut boire
l'odeur de genêts de mon baiser
Et je serais angoissée à t'entendre
Et tu parlerais en aveugle et en fou
Car ma main sera sur ton front
Lorsque mes doigts se briseront
Et sur ton visage tendu d'anxiété
Mon souffle passera
Ainsi, ne me touche pas. Je mentirais
en te disant que je te livre
mon amour dans mes bras tendus,
dans ma bouche, dans ma gorge,
et toi, croyant l'avoir épuisé tout entier
tu te tromperais comme un enfant qui ne sait pas.
Car mon amour n'est pas seulement cette gerbe
Rétive et lasse de mon corps
Qui tremble toute au contact du cilice
Et reste en arrière dans chaque envol.
C'est ce qui est dans le baiser et non la lèvre
Ce qui brise la voix, non la poitrine
C'est un vent de Dieu qui passe en déchirant
La pulpe de ma chair dans son envol !
Parce que tu me comprends
et devines mes peines,
et me donnes des joies.
Parce que tout chez toi,
ton regard, ton sourire,
me remplit de douceur.
Parce que ton amour
répand sur mon chemin
un bonheur toujours neuf.
Parce que je te dois
le soleil d'aujourd'hui
et l'espoir de demain.
Éloge des larmes! Mélodie de Schuber qui revient à ma mémoire, qu'apportes-tu ce soir?
Le souvenir de cet enfant pleurant son jouet brisé ou celui de ce vieil homme retrouvant sa jeunesse en entendant un air de violon?
Larmes de joie du bonheur retrouvé. Larmes de tendresse de la maman berçant l'enfant qui s'endort. Larmes de rire surgissant comme le trop-plein d'une marmite, libérant les tensions nerveuses, mais aussi larmes de deuil pleurant l'être cher disparu.
Larmes d'amour, marquant l'inéfable paix propre à deux coeurs unis, mais aussi larmes de séparations brutales.
Larmes de rage et d'impuissance, de révolte contre l'adversaire et l'adversité, mais aussi larmes de résignation, de profond désespoir devant la solitude et l'abandon.
Larmes qui inspirez pitié, amour, répulsion ou colère, qui êtes-vous?
Êtes-vous la marque de l'homme? Êtes-vous signe de faiblesse ou suprème appel à l'espoir? Implorez-vous pardon? Demandez-vous grâce?
Larmes de mères, larmes de femmes, la première force hydraulique du monde; quand vous coulez, discrètes ou abondantes, sachez votre puissance.
Puissance immense en effet, puisque vous avez contribué à ce miracle merveilleux que conte l'apôtre Jean: "Jésus pleura..." Et les Juifs de dire: "Voyez comme il l'aimait!"
Pour tout bagage on a 19 ans
On a l'espérience des parents
On se fou du tiers comme du quart
On prend le bonheur toujours en retard
Quand on aime c'est pour toute la vie
Cette vie qui dure l'espace d'un cri
D'un permanent ou d'un "blue jean"
Et pour tout le reste on imagine.
Pour tout bagage on a sa gueule
Quand elle est bête ça va tout seul
Quand elle est moche on s'habitue
On se dit qu'on n'est pas mal foutu.
On bat son destin comme les brêmes
On touche à tout, on dit "je t'aime"
Qu'on soit de la balance ou du lion
On s'en balance, on est des lions...
Pour tout bagage on a 19 ans
On a des réserves de printemps
Qu'on jetterait comme des miettes de pain
A des oiseaux sur le chemin.
Quand on aime c'est jusqu'à la mort
On meurt souvent et puis l'on sort
On va griller une cigarette
L'amour se prend et puis se jette
Pour tout bagage on a sa gueule
Qui cause des fois quand on est seule
C'est ce qu'on appelle la voix du dedans.
Pas moyen de trouver le bouton
De cette radio, on est manon
On passe à l'examen de minuit
Et quand on pleure, on dit qu'on rit
Pour tout bagage on a 19 ans
On a une rose au bout des dents
Qui vit l'espace d'un soupir
Et qui vous pique avant de mourir.
Quand on aime c'est pour tout ou rien
C'est jamais tous, c'est jamais rien.
Ce rien qui fait sonner la vie
comme un réveil au coin du lit.
Pour tout bagage on a sa gueule
Devant la glace quand on est seule
Qu'on est été chouette ou tordue
Avec les ans tout est foutu.
Alors s'éparpille le problème
On se dit qu'il n'y a pas d'âge pour qui s'aime
Et en cherchant son coeur d'enfant
On découvre qu'au aura toujours 19 ans !!!
Les première notes... les premiers mots... les premières vedettes. "Ce sont vos pianos mécaniques..." et pour "reprêter vie" à ces pianos, un artiste vraiment personnel. Claude Léveillée !
J'ai entendu Claude Léveillé; je l'ai écouté; j'ai essayé de le comprendre et c'est ce crescendo que je veux reprendre ici.
Claude Léveillée, c'est d'abord le mystère d'une vie tout livrée à la poésie et à la musique, une vie tout d'intériorité. Son premier thème, c'est celui de la solitude et il trouve pour le traduire des accents profondéments humains:
Comme guitare à la corde cassée...
Ainsi mon coeur de ma mie éloignée...
Tu ne sauras jamais, chère Marie-Rose
Ce que j'ai enduré tout seul dans le noir, sur le pont...
Sur des paroles de Rémilland, de Clémence Desrochers, de Gilles Vigneault surtout,une musique tantôt passionnée, tantôt détendue, toujours étonnante de sincérité.
Passer de la vie à trépas
Sans qu'on entende un bruit de pas
C'est dans un climat d'intimité que Léveillée évolue.
Ne dis rien, on se croirait tout seul au monde
Ne dis rien, il y a toi et moi et ça suffit
L'amour vit entre deux âmes peu importent les saisons: tantôt chaste et pur dans des îles au mois de mai, tantôt sous un ciel d'hiver par les nuits de haute rafale, dans des marais inconnus des dieux.
Claude Léveillée, c'est un artiste dans le plein sens du mot. Il a un style vraiment personnel, une puissance créatrice qui le rapproche d'un Saint-Denys Garneau, d'un Nelligan, d'un Chopin. Il a le mérite d'être lui-même de vivre l'aventure artistique avec toute l'ardeur d'un engagé.
La poésie est soif et faim, pain et vin.
Aimer, m'ais c'est jaillir hors de son étroitesse, comme un bourgeon soudain éclate en rose.
Aimer, c'est flamboyer de joie à travers sa tristesse, son âme à pleines mains pour féconder le monde.
Aimer, c'est être bon, c'est se mettre à genoux devant toutes souffrances et toutes plaines immondes; c'est élargir son coeur pour en donner à tous.
Aimer, mais c'est chanter comme un ruisseau sur la grève et les bois infinis!.
Aimer, mais c'est donner, donner tout ce qu'on a, donner tout ce qu'on rêve, savoir tout oublier comme tout pardonner.
Aimer, mais c'est avoir de l'âme jusqu'aux moelles, c'est avoir des désirs, des soifs de vérité, des élans vers l'azur, des cris vers les étoiles. C'est métamorphoser la laideur en beauté, les blasphèmes de l'homme en hosannas sublimes.
Aimer, mais c'est vouloir éteindre l'univers, c'est avoir des désirs de courir sur les cimes et de plonger son corps parmi les sapins verts, de crier jusqu'au ciel le cri des entrailles et de monter toujours vers l'aurore, pareil à l'oiseau matinal qui jaillit des broussailles pour prendre sa gorgée à même le soleil !
Aimer c'est l'occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l'amour de l'être aimé. C'est une haute exigence, une ambition sans limite qui fait de celui qui aime un élu qu'appelle le large.
S'il te faut des trains pour fuir vers l'aventure
Ou des blancs marins qui puissent t'amener
Chercher le soleil à mettre dans tes yeux
Chercher des chansons que tu puisses chanter
Mors s'il te faut l'aurore pour croire au lendemain
Pour retrouver l'esoir qui t'a glissé entre les mains
Pour retrouver les mains que tu as quittées.
Si la poésie pour toi n'es plus qu'un jeu
Si toute ta vie n'est qu'un vieillissement
Si t'as besoin de saouler tes remords
Alors viens vers moi, vers les mains qui t'attendent
Ces mêmes mains que tu as quittées jadis
Tes faiblesses te rendront plus fort
Et tu connaîtras le goût de vivre et d'aimer
Mais s'il te faut des trains pour fuir vers l'aventure
Alors... tu n'as rien compris...
Dans ses yeux je lis encore
la tristesse d'un départ
Sur ses lèvres git épars
les vestiges d'un amour hagard
A son passage sur la rue
dans mes rêves, dans les rues
mon coeur palpite, puis déçu
se referme sur l'inconnu
Son regard s'infiltre en moi
comme la douceur d'une riche soie
Mes lèvres s'accrochent sans loi
à ce regard pourtant si froid
Hier tu m'aimais si fort
et soudain, sans un effort
tout s'écroule... et je cherche,
je cherche en vain les mots
pour te retenir auprès de moi.
Sur ma guitare
J'ai composé mes poèmes,
J'ai composé l'air que tu aimes,
L'air qui nous mène,
L'air qui me dit si vraiment toi tu m'aimes.
Là-bas des amoureux
Que veux-tu ils sont heureux
Heureux sans sourire
Heureux sans se dire
Nous sommes heureux
Les amoureux.
Adieu tristesse
Bonjour tristesse
Tu es inscrite dans les lignes du plafond
Tu es inscrite dans les yeux que j'aime
Tu n'es pas tout à fait la misère
Car les lèvres les plus pauvres te denondent
Par un sourire
Bonjour tristesse
Amour des coups aimables
Puissance de l'amour
Dont l'amabilité surgit
Comme un monstre sans corps
Tête désappointée
Tristesse beau visage.
Je n'oublierai jamais ta Majesté ni tes splendeurs
Et longtemps, longtemps en moi j'entendrai
Ton lourd bruissement aux heures du soir
Je retournerai vers la grande et douce mère
Mère et amante des hommes, la mer
Je retournerai vers elle, moi et aucun autre
Tout contre elle, l'embrasseai et me fondrai en elle.
(j'étais sorti avec un garçon qui n'avait que le désir de "coucher avec moi" alors que je n'étais pas du tout dans le même esprit. Lors d'une balade en auto, il m'a laissé sur le bord de la route dans une région éloignée de Montréal - du moins à pied - en me disant: tu couches ou tu marches. Le soir venu j'ai composé ce petit texte...)
Si tu veux, une nuit nous partirons
Tous les deux ni jupon ni caleçon
T'en fais pas moi je suis bon garçon
J'ai pas envi de voir tes tetons
Si l'on peut l'on prendra l'avion