long à débuter, désolée
Unforgettable (Frank Sinatra)

 

Novembre !

Gris et triste Novembre…

 

Les moutons sautent trop fort dans ma tête et m'empêchent de dormir. Je ferme mes yeux pour mieux me voir et j'ai des mots pleins d'émotions qui se bousculent à la porte de mon cœur. Et je regarde avidement cette grande feuille blanche où je voudrais coucher mes états d'âme. Malheureusement mon crayon, guidé par ma main trop cérébrale, ne peut écrire ces mots d'amour et marquer le papier…

Et moi je pleure…

Ma mémoire et mes souvenirs font la loi dans ma tête et imposent à cette main rebelle des mots qui tue l'espérance, l'amour et la foi. Des mots qu'on a trop dit, qui dépassent notre pensée, qui aigrissent nos cœurs. Des mots que l'on regrette et confesse parfois mais qui n'éteint pas la douleur des mots-dits. Que reste-t-il de ces mots là qui grugent jusqu'à la moelle. Ces mots qui laissent et qui creusent un vide autour de soi, un vide trop dense. Des mots si durs qu'ils ressemblent à des pierres. J'en ai dit de ces mots et j'en ai reçus également…

Et moi je pleure…

J'ai l'amertume des mots au bout de mon crayon car mon âme lasse rumine encore ses mémoires et elle ne parvient pas à oublier ces mots lapidaires qui n'auraient pas dû être et surtout ne le devraient plus.

Et moi je pleure…

Je cherche des mots d'amour, des mots doux, des mots qui réconfortent et qui réchauffent. Mais l'amour est silence, l'amour écoute. La raison en est bien simple. C'est qu'il y a moins de mots dans l'amour pour laisser place aux gestes. Gestes qui amadouent, gestes tendres qui embrassent et effacent les mots d'autrefois.

Et moi je sèche mes larmes…

Une année de plus à ma propre vie. La vie m'a beaucoup donné mais je n'ai pas toujours su recevoir. J'ai plein de bonnes intentions pour l'autre tranche de ma vie mais vais-je être capable de la regarder cette vie, de la respirer, de l'écouter. Si seulement je pouvais insuffler à mon âme qui se languit cette confirmation de la beauté par des gestes d'amour. Des gestes envers mon petit-fils ou ceux à venir, mes propres enfants, ma famille; mon frère et ma sœur. Que ces êtres, par leurs gestes d'amour, me fassent grandirent et m'éblouissent. Que la vie monte en moi, comme une source, comme une source d'amour… l'amour que l'on donne autant que l'amour que l'on reçoit.

Et moi je respire…

Ça se voulait une grande lettre me servant de tout l'espace du papier mais je n'ai même pas pu l'envoyer car elle était toute détrempée de mes larmes… mais étrangement, j'ai pu me recoucher et…

... moi j'ai souris à mes moutons !!!

(Novembre 2000 - inspiré d'un texte lu sur un forum - auteur inconnu)

 

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