Page 12 - Le Mexique
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Oh boy... on est rendu où ? Le 28 mars au matin on commence notre "ascension" vers le nord en longeant la côte du Pacifique. On roule environ 150km et on se trouve un petit camping, tout petit, mais chouette. Il est fait tout en longueur, très peu large, entre la mer et la route. Playa de Amor (plage d'amour). Le ciel est toujours aussi bleu. Une chance que la brise provenant de la mer est fraîche car autrement ce serait torride. C'est juste un arrêt d'un soir car nous nous dirigeons vers Mazatlan, une ville touristique comme Puerto Vallarta. Les prochains campings seront en grande majorité situés sur le bord de la mer comme celui-ci. Donc on n'est pas trop à plaindre d’autant plus que le camion a réussi à envaler les dernières grosses montagnes sans rechigner.
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Le mardi 29 mars on redécampe vers 6h45 et nous voilà rendu à Mazatlan pour midi, au camping La Posta RV Park, ce qui nous permet d'aller faire une petite promenade le long de la beach en après-midi. En venant ici, on suivait un camion de gravier qui a perdu quelques morceaux et deux pierres sont venues briser notre pare-brise avant. Encore heureux que ça n’a pas traversé la vitre… il le recevait dans l’front. On s'est trouvé un type qui viendra nous réparer ça sur place demain.
Donc le 30, après la réparation du pare-brise - extrêmement bien fait en passant pour la modique somme de 40 pesos - on s'en va se promener dans la ville à pied. On n'est pas si loin, environ 20-30 minutes pour s'y rendre. Pour une "beach de ville" c’est vraiment bien, je dirais même mieux qu’à Puerto Vallarta. La ville proprement dite, et non la plage, c’est moins bien que Puerto mais ce fut une journée agréable. J'ai trouvé amusant de voir leurs petits taxis déambuler. Retour tôt pour se préparer au départ du lendemain mais la nuit fut difficile. C’était la semaine des bikes. Le camping fut envahie d’une vingtaine (ou plus) de moto. Les motards, quant à eux n’étaient pas si bruyants, mais leurs engins !!!! Ce fut la « parade des pétarades » en tout genre et des gros silencieux pas silencieux du tout.
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Donc jeudi matin, nous sommes
rendu au 31 mars, fatigués et mal réveillés, on part tôt
(5h45) pour se rendre à Los Mochis. Une grosse trotte à faire…
On emprunte l’autoroute payante. Un peu passé Caliacan, vers midi,
à un arrêt pour péage, le préposé parle à
André en espagnol mais heureusement ajoute le geste aux paroles en pointant
son doigt vers l’arrière de la roulotte. Le feu ravageait une de
nos roues du côté de l’extension. On se tasse pour constater
les dégâts… tout est « consumé » ou presque
(sauf la roue elle-même). Les capsules de caoutchouc qui couvrent les
boulons dégoûtent, le cap qui couvre le moyeu n’y est plus
et le feu se voit très bien. Ça sent le caoutchouc brûlé
partout et l’intérieur de la roulotte est emboucané au maximum.
André pense aux freins qui ont chauffés et/ou aux bearings.
Mais comment expliquer ça en espagnol… avant tout trouver
un mécanico. À 200 mètres il y a un gros Pemex (garage
au Mexique qui est le pendant de nos Pétro-Canada). On se rend
là, dépine la roulotte et on retraverse le guichet payant
de l’autoroute pour se rendre au petit village : pas de mecanico digne
de ce nom à El Limon de Ramos. C’est un poblado
d’une trentaine de cabanes. On roule donc jusqu’à Culiacan
qui se trouve à 22-25km de notre « malheur ». On se trouve
un mécano mais n’ayant pas d’auto, on le ramène avec
nous. Il défait la roue sur place (au Pemex) et
là on constate que bearings et freins sont en effet hors service. On
retourne, avec le mécano, à Culiacan (repayage
au guichet de l’autoroute) pour trouver les pièces. On s’est
promené dans la ville : de sa maison à un autopart, à
un autre et un autre pour trouver les seals et bearings, un autre
pour les freins qui ont été « refaits » et retour
à sa maison pour aller chercher son père, mécano également
et qui va l’aider. Ils nous présente sa famille, surtout la
madre et il veut qu’on mange sa soupe au poulet. On refuse poliment
voulant en finir avec cette réparation.
On revient au garage. Nous dans notre
camion et lui et son padre dans leur auto de fortune. En route il s’arrête,
il a oublié « une pièce ».
Il nous dit de continuer, qu’il va aller chercher sa pièce et nous
demande 50 pesos pour payer la pièce en question. On repart mais une
fois à « notre » garage je me dis qu’il ne reviendra
pas. Ben non, nos deux messieurs sont de retour 20-30 minutes après nous.
Le papa (72 ans) se met en frais de nettoyer les dégâts de tout
ce caoutchouc brûlé et vouloir remonter les pièces. Il s’avère
que le frein électrique n’est plus opérant. Et là
s’engage une discussion entre le père et le fils : le fils voulant
absolument remettre les freins qu’on venait de faire re-semellés
(pour 200 pesos) et le père voulant carrément
ne pas en mettre. Le tout en espagnol, évidemment. Bon… André
fini par comprendre… le fils, ayant vécu un bout de temps aux USA
savait un peu d’anglais, le père quelques mots et le franchisé
du Pemex aussi. Avec tout ce jargonnage, André prend la décision
de ne pas mettre de freins sur cette roue au lieu d’avoir des pièces
qui ne serviraient pas et qui feraient probablement interférence dans
le système. Après tout, il reste 3 autres roues avec des freins
plus ceux du camion. Le tout se termine vers 18 heures pour la modique somme
de 859,50 pesos dont 400 pour l’ouvrage et le reste en pièces.
Ce qui peut représenter une dépense totale d’environ $100
canadien !!!
On décide de coucher au Pemex et de repartir que le lendemain, épuisés que nous sommes. Le gérant du Pemex nous dit qu’on peut prendre notre douche. WOW… une douche en plus. C’est le summum. Ça l’était mais faut comprendre que c’est pour les camionneurs de passage… donc la douche n’a qu’un robinet et ce n’est pas celui de gauche (hihihi).
Coucher dans une cour de truck stop c’est coucher avec le va-et-vient incessant du camionnage (53 pieds) qui viennent faire le plein, se rafraîchir, se doucher, se nourrir, etc… en plus du trafic qu’il y a sur la 200. Donc, une nuit encore légèrement difficile, surtout pour André. Moi j’avais réussi à m’endormir au sein des diesels. Par conséquent, vendredi matin, nous sommes le 1er avril - allo poisson d'avril - mon homme étant réveillée depuis 4h30… on part de bonne heure (hihihi). Et heureusement car on a beaucoup de route à faire, on veut rattraper le temps perdu mais surtout on veut faire le plus de route que notre organisme peut nous le permettre. Pas question alors de rester à Los Mochis comme prévu. On change légèrement nos plans. Mais la route est belle, dispendieuse mais belle, puisque nous empruntons l’autoroute et non la route libre. Pas question de se retrouver dans un bled perdu avec d’autres problèmes mécaniques. La roue tient le coup, très bien même, et ça n’affecte pas la conduite. C’est certain qu’André ne roule pas en fou mais le problème est surtout dans les villes où l’on doit freiner plus souvent.
Nos petits problèmes mécaniques m’ont permis d’apprécier la gentillesse et le bon vouloir des mexicains et nullement envieux où opportunistes. Ces gens quoique peu fortunés donnent toute l’assistance qu’ils peuvent à la mesure de leur connaissance et cela même si la communication verbale est presque nulle. Lors du remplacement de la garniture des freins le patron et son employé ont fait les travaux sur leur heure du dîner, ils ont même offert une bière à mon mari - ben oui, ils boivent sur leur temps de dîner sa'job - ils ont même expliqué à André comment ils procédaient, lui ont baragouiné les quelques mots de français qu’ils connaissaient. Ils l'ont traité comme si il était une vieille connaissance.
Il est évident qu'on ne peut faire 10,000km sans qu’il y ait quelques ennuies d’autant plus que le climat de 32 Celcius et le relief (montagnes impressionnantes) sont très durs pour la mécanique. Ça fait partie du voyage et ce qui nous est arrivé demeure une Superbe Expérience.
Belle consolation tout de même, le paysage est magnifique. Si seulement nous étions moins stressés (because on a peur que la réparation ne tienne pas) et moins fatigués...
En ces premiers jours d'avril, on se retrouve
donc à San Carlos, petit port de pêche pour gens fortunés...
de toute beauté. Ça ne faisait pas parti de notre itinéraire
mais El Fuerte où l’on pensait aller n’était
pas une bonne place à faire en raison des problèmes mécaniques
d’une part mais aussi en raison de notre fatigue. A El Fuerte il y a un
canyon à visiter mais faut prendre le train. Ça demande 2-3 jours
car seulement le train peut prendre de 13 à 17 heures à faire
dans un sens seulement et qui dit canyon dit montagnes. Ça sera donc
pour une prochaine fois...
Donc, dernier jour de mer… ici à San Carlos et ce n’est pas négligeable comme place. On campe au Totonaka RV Park, 2 soirs, pas loin de la mer mais pas de plage de baignade. Pas grave on n'a pas besoin de ça. Par contre, on a fait la découverte de superbes coquillages et en prime on a eu la visite de 2 québécois qui étaient campés à la même place que nous à Puerto Vallarta. On a passé une petite soirée ensemble le samedi soir du 2 avril, notre dernier jour en terre mexicaine.
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Le dimanche 3 avril 2005 on se programme pour le retour. San Carlos n'est qu'à 400km de la frontière Nogales/Arizona. Faut par la suite se taper le trajet vers l’est et remonter vers notre Québec. Ça veut dire qu'on va "manger de la route" en p'tit jésus en autant que les mécaniques – camion, roulotte et la nôtre – tiennent le coup !!!
Comme on arrive à la frontière à 1h30 en après-midi on décide de la traverser. Ça prend 1 heure mais on le fait sans encombre. Tout se passe relativement bien. On se rend à Tucson, en Arizona où l'on couche dans un Dry Camping ie qu'on se trouve en plein champ, avec d'autres, sans service mais sans coût non plus.
Lundi matin on essaie d'aller changer une caméra numérique achetée au Texas avant de traverser au Mexique au début de notre voyage mais qui a rendu l'âme. Mon homme s'est promené avec lors de ses randonnées matinales sur les grèves... résultat: elle ne fonctionne plus. On revient au campement (ce n'est pas un camping - hihihi) et comme on ne sait pas quoi faire de nos 10 doigts on décide de partir de là à 13h00. Mais vers 15h00 il y a tellement de vent, c'est une tempête de poussières à certains endroits et des roulottes ont même pris l'champ. Donc, on décide de s'arrêter dans un Welcome Center de Lordsburg au Nouveau-Mexique. Le 5 on repart vers les 6h45 jusqu'à Socorro où l'on s'arrête très tôt, vers 14h00 car il vente encore trop. On décide de coucher derrière un Truck Stop. Le 6 on fait une autre pointe jusqu'à San Jon, toujours au Nouveau-Mexique et là encore le vent nous arrête et on couche derrière un Love's. Le 7 on redémarre mais cette fois on se tape une belle longue trotte jusqu'à un FlyingJ à Sullivan. Le 8 départ à 5h10, on roule jusqu'à 3h30 où l'on couche dans un autre FlyingJ à Beaverdam en Ohio. Le 9 on repart à 5h10 et on arrive à la hauteur de Napanee en Ontario où l'on couche encore dans un FlyingJ. Le 10 on arrive "chez nous" après un sprint d'une semaine pour le retour !!!
Ça peut vous sembler redondant toutes ces dates et activités de route et de dortoir mais c'est mon aide-mémoire pour alimenter mes souvenirs et entretenir ma nostalgia !!!
Vous avez aimé le voyage ? Savez-vous que vous nous avez accompagné sur 14,181 kilomètres pendant exactement 69 jours. On se divise la facture maintenant ? (hihihi).
On prévoit faire la côte est l'an prochain si la santé de mon vieux nous y autorise. Ça sera plus loin si l'on descend jusqu'à Cancun et qu'on va piquer une petite jasette à nos chers mayas. Vous allez être du prochain voyage ?
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