Page 9 - Le Mexique

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Donc on est lundi 7 mars et il est 7h10 du matin quand on se met en route.  Le voyage fut long car les routes sont très sinueuses et on était en montagne. Des montages, il y en a une et une autre ici. Très difficile sur la mécanique… d’ailleurs on a des petits problèmes avec le système de freinage de la roulotte. Rien de sérieux mais embêtant. Soit l’ajustement est trop lâche pour la roulotte, soit on se ramasse dans le pare-brise quand André freine (hihihi). On ne peut plus les ajuster à notre goût.

De plus, la signalisation dans tout le Mexique est « défaillante ». C’est le moins que l’on puisse dire. Étrangement, les puentes ont tous leurs noms : Puente San Rosa qui traverse un « cours d’eau » à sec et même ceux qui ne sont pas plus gros que le barrage de notre chemin à St-Damien a son « pompeux » nom de puente (ponts). Par contre, très très difficile d’avoir le nom des rues. C’est qu’ils mettent la pancarte sur les murs des 4 édifices qui font le coin… sauf que si l’un de ces édifices est inexistant, en ruine ou a été rénové, ben la pancarte en question n’existe plus, tout simplement. Débrouille-toi. Autre incongruité… tu roules sur la 80, la pancarte pour Villa Corona t’indique tout droit… tu passes un puente et oups il y a un « Y » mais plus d’indication… tourne à droite ou à gauche ? on y va au pif… (hihihi). Des fois le résultat est bon mais des fois faut faire demi-tour (évident encore avec une roulotte) et/ou s’informer de notre chemin « en latin » ie autant avec les mains que le tri-verbal espagnol/français/anglais (hihihi).

Le camping ici, le Parque Acuatico Chimulco, est super – à mes yeux (pas ceux d’André). C’est vrai que nous sommes tous collés les uns aux autres mais au moins on n’est pas dans un stationnement. Il y a pas mal de québécois ici ce qui me permet de jaser avec d’autres. Il y a une “vie de camping” et c’est ce que j’aime. C’est un gros plus pour moi. De plus, les piscines sont ouvertes… ce qui n’a pas été le cas depuis notre départ. On avait beau stationner derrière des hôtels, leurs piscines n’étaient jamais “en opération” car c’est leur hiver pour eux aussi. De plus, il ne faisait pas tellement chaud… c’est la première fois que nous ne sommes pas obligés d’allumer notre petite chaufferette électrique sur les petites heures du matin.  Les piscines sont alimentées par une eau chaude thermale qui, selon ce qu’on m’a dit, date de 500 ans !!! (non non non, la piscine est vidée tous les jours et les tuiles lavées au javel. Ils ont 6 piscines et ils alternent, l’eau n’est pas dans la piscine depuis 500 ans – hihihi). On s'imagine au centre-ville de Joliette (salut les Joliettains).  L’eau proviendrait d’un volcan et comme c’est de l’eau "minérale" naturelle, parait-il que c’est super bon pour les arthritiques. Espérant que ça le soit également pour les "tendiniques" (hihihi).

         

Les 7 et 8 mars, rien fait de spécial ici, on relaxe. On a par contre profité pour laver notre linge dans une machine à laver NON-AUTOMATIQUE. Il s’agit d’une laveuse comme ma mère avait… tsé les machines rondes avec tordeur ? Sauf qu’ici le tordeur c’est André qui l’a fait (hihihi). J’vous dis… ils sont 50 ans en arrière. Ça me fait bizarre… j’ai l’impression de revenir « aux sources » (et non pas les thermales – hihihi). La température ici est très bonne : frais la nuit, chaud le jour. C’est certain que j’ai hâte de voir la côte mais on m’a dit qu’il faisait super chaud. C’est ce qui me retient de me réjouir… car des 35-37 degrés celsius, j’ai pas fini de me plaindre... au moins mon chum n’aura pas à porter ses pellmans (hihihi). 

Quoi vous dire de plus pour l’instant… les mexicains sont super gentils, très aidants. Ils n’ont aucune peur des étrangers. Si on ne réussit pas à se comprendre de vive voix, il reste les mains et en bons latins, on s’en sert. Ils sont vraiment d’une gentillesse à donner des complexes. Si ce n’était des policiers dans l’état de Mexico, le tout serait parfait. Dommage qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils nuisent au tourisme et à leur économie !!! 

Je ne vous cacherai pas que j’ai eu quelques difficultés d’adaptation. J’ai beau me dire que autre culture, autres mœurs mais c’est « dérangeant ». On a visité des églises, en veux-tu en v’là, et ces dernières sont d’une richesse incroyable. Comment ne pas s’offenser de voir tant d’or orner (c'est l'cas d'le dire) ces églises quand à côté la famille de 4-5 enfants dorment dans un 10x10 avec des toits de tôles et des « pancartes de coke » dans les fenêtres et un drap en guise de porte et que malgré tout, ils sont d’une croyance « crasse » (à mes yeux, évidemment). Faut également s’adapter à la nourriture (j'ai encore la diarrhée) même si cette nourriture est cuisinée par nous. On ne mange presque pas au restaurant et quand une « valeur sûre » est de manger du McDo… ça veut tout dire. De plus, faut traîner nos papiers de toilette partout car ici ils n’en mettent pas dans les sanitarios sauf qu’à certains endroits, ils en vendent « à l’unité » avant d’entrer. Tous les prétextes sont bons à faire des pesos… même 5-6 carrés de papiers de toilette (hihihi). Mais qui oserait les blâmer ?  Et une fois les petits papiers souillés, tu ne le jette pas dans la cuba mais dans la caja… en d’autres mots tu ne dois pas les jeter dans la cuve mais dans la boîte, panier ou petite poubelle prévue à cet effet. André a bien aimé l’idée… ce qui fait qu’on agit comme ça aussi pour la roulotte car voyez-vous même les sewers sont « débordants ». Bien difficile de vidanger ici, les fosses sont souvent pleines… même pleine de terre des fois !!!

Si les voyages forment la jeunesse, ils « usent » la vieillesse (hihihi). C’est bien fatiguant : physiquement et moralement. Si l’on prend 2-3 jours de « congé », ok le corps récupère un peu mais on dirait que je ne reprends pas le dessus. Ce n’est pas une fatigue d’endormitoir mais une fatigue « morale » je pense. La fille super organisée, rangée (dans le sens de rangement) et éprise de justice et de liberté chèrement acquise a bien de la misère à vivre 50 ans en arrière… et ce, tous les jours. Disons que ça remue pas mal d’affaires et ça me « désorganise ». Vous qui me connaissez si bien, vous savez what I mean (hihihi).

Bon… voilà pour la petite jasette personnelle et intime (hihihi).  Revenons au voyage proprement dit puisque c'est pour cela que vous vous êtes branchés à ma page web.

Mercredi, le 9 mars 2005, Guadalajara aura la grande chance de nous voir débarquer.  C'est une superbe de belle ville... la seconde ville la plus importante du Mexique, capitale de l'État de Jalisco.  De "coloniale" elle est devenue avec le temps plus "américanisée".  Un petit peu d'histoire ?  Vous aimez ?  Les autres passez par dessus (hihihi).

Nuño Beltrán de Guzman, le "conquistador chaste et cruel" fonde Guadalajara le 5 janvier 1531.  Parti à la recherche d'un pays fabuleux "habité par de très belles femmes", quelque part au nord du Michoacán, et n'y ayant pas trouvé non plus les "cités pavées d'or" promises, il revient sur ses pas et arrive à Jalisco.  Il fonde alors deux villes:  Compostela et Guadalajara.  Le 14 février 1542 le premier conseil de la ville est né.  Vingt ans plus tard, cette dernière devient la capitale de l'État, appelé alors Nouvelle-Galice.  C'est alors que l'empereur Charles Quint lui concéda le titre de Ville et lui donna ses armoiries qui représentent encore la ville.  Guadalajara doit son nom à "Wad-al-hidjara" (en arabe) qui signifie "Rivière qui coule entre les rochers".  En 1561, on pose la première pierre de sa cathédrale.  En quelques années, Guadalajara est devenue l'une des plus belles villes du Mexique. La ville s'étend sur un plateau de 1585 mètres d'altitude dans les hautes terres de la région du centre-ouest du pays qui jouit d'un splendide climat printanier.  Ici, la ville a un plan en damier - très différent des autres villes qui sont plutôt de style en rayon, comme un soleil.  Guadalajara est surnommée la cité des roses, c'est l'âme du Mexique, le berceau de nombreux produits et coutumes.  C'est ici que sont nés la musique des mariachis, la danse du sombrero et la tequila ainsi que de nombreux mets typiques mexicains.

Je n'ai pas beaucoup de photo de cette ville car je n'ai pas apporté ma caméra.  La photographe est saturée des villes, des églises/cathédrales et de leurs jardines.

Vous ai-je dit que sur "notre" camping, il y a un groupe de québécois qui "entoure" notre roulotte.  Faut dire qu'on est tellement embarqué l'un sur l'autre, qu'on couche quasiment sur leur trottoir hihihi).  Un groupe fort gentil et très accueillant.  Celui qui prend sa bière quasiment dans notre chambre à coucher est un agriculteur de Napierville et derrière nous un autre couple fort sympathique sont de Saint-Ignace de Loyola (tsé le fondateur de la compagnie de Jésus en 1540 dont j'ai parlé en page 7 quand on était à photographier l'église de Tepotzotlan).  Ce qui fait qu'avec leur gentillesse, on nous invite à aller magasiner avec eux à Tonala, ce que nous faisons en ce jeudi 10 mars.  La ville elle-même est un grand marché aux puces mais - oh miracle - on a trouvé notre lampe de salon.  Youppi.  Dans ce grand mercado (nous n'avons fait que cette partie là) il y avait des souffleurs de verres. 

Impressionnant.

Le vendredi 11 mars, grosse journée... on s'en va à Tequila, la ville du "p'tit jus".  C'est une trotte d'une heure dans un chemin pas mal ravagé par le temps.   Au milieu de nulle part, un petit cimetière... j'suis toujours impressionnée par les cimetières...  il y a des façons différentes de vivre la mort selon la culture de chacun et c'est ça qui m'impressionne.  Les mexicains sont "joyeux" dans leurs cimetières... les fleurs sont omniprésentes mais différemment de nous.  C'est moins "ordonné" mais très très coloré.  Et dans celui que nous avons vu en passant, les tombes n'étaient pas enterrées on dirait bien.

Malgré la rudesse du chemin, le paysage à certains endroits est époustouflant.  La toile de fond du Mexique n'a rien à envier aux autres.

Le retour fut plus long, ce qui m'a permis d'apprécier davantage le paysage...  le conducteur était au ralenti un peu (hihihi).

 

La visite de la distillerie fut faite en compagnie de 2 classes d’adolescents accompagnés de leurs professeurs qui étaient mari et femme. Leur visite fait partie de leur formation à l’égard de l’alcoolisme .Ils et elles avaient entre 12 et 15 ans, très indisciplinés et une nette tendance vers la dégustation. Quoique ce phénomène n’était nullement absent chez nous non plus. Le professeur parlait anglais et était très affable ce qui nous a permis d’échanger avec lui sur le Canada, le Mexique et bien sur notre gros voisin USA.

Pour la Tequila, l'agave est la plante qui produit una piña qui est un fruit similaire par sa forme à un ananas mais plus rond.  On fait la Tequila à partir de ce fruit mais ça prend de 7 à 9 ans à la plante pour être assez mature pour la production.  Donc, les champs sont remplis d'agaves à perte de vue même à flanc de montage.  Ça donne un spectacle inusité parfois.

Pour fabriquer l'alcool, on utilise comme matières premières la piña comme je disais mais aussi la canne à sucre. Plus l’alcool provient de la piña meilleure qualité il est.  Le procédé est assez simple. On produit une sorte de pulpe à partir de la piña et cette pulpe est ensuite cuite à la vapeur puis le liquide est extrait par pressage. Le liquide ainsi extrait est dirigé dans des cuves en acier inox pour la fermentation. L’étape suivante est la distillation à l’aide d’une tour à plateaux puis par un alambic. L’alcool est vendu comme cela ou vieilli dans des fûts de chêne canadien.   Ça prend de 2 à 6 mois, ce qui donne à l’alcool une teinte plus ou moins foncée selon la durée. La meilleur téquila est celle qui est la plus foncée, presque la couleur d’un cognac, alors que la blanche n’est aucunement vieillie et toujours réduite avec de l’alcool provenant de la canne à sucre, donc de moins bonne qualité et beaucoup plus "goûteuse" tandis qu'une téquila de 3 ans se prend comme un bonbon sans ressentir la présence de l’alcool.

         

Les 12 et 13 mars nous sommes restés bien tranquille au camping, nous promenant d'une piscine à une autre ou d'un terrain québécois à un autre.  C'est vraiment spécial de se lever tôt, d'enfiler costume de bain et robe de chambre, d'aller faire sa petite marche dans la froidure du matin et de se glisser dans l'eau chaude où une fois assis au fond on ne voit que la buée qui flotte.  Le soir après notre souper, on se rencontre tous dans une autre piscine qui nous est réservée à nous les campeurs.  Elle est dans un bâtiment sans toit avec gardien à l'entrée.  Alors, en se laissant tremper pour relaxer nos petits muscles endoloris et nos articulations raidies, on se raconte notre journée, se donne des trucs de camping et de voyage et bien sûr on parle de mécanique...  chacun à sa façon on a notre petite anecdote sur la condition de nos véhicules moteurs et pas seulement nos véhicules anatomiques (hihihi).  C'est fort agréable... eh que j'aime cette place.  J'ai demandé à y retourner mais...

Et comme toute bonne chose a une fin, on doit quitter.  Mais on n'a pas à se plaindre... on s'en va à Puerta Vallarta.  Vous allez sûrement nous suivre... qui refuserait une telle invitation.  Alors, allez-y de votre petit clic...

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