Page 3 - Le Mexique

Si des photos n'apparaissent pas, cliquez sur Actualiser dans votre barre d'outils en haut.

Donc je disais que mardi le 8 février, on quitte l'État de Nuevo Leon pour nous rendre à Matehuala. On campera dans le stationnement de l'Hôtel Las Palmas (on s'habitue - hihihi)

Pour cette région, on a décidé de visiter qu'une seule place...  mais quelle place !!!  -  REAL DE CATORCE.  

On se croit dans un autre monde. C’est une ancienne ville minière (argent) datant de 1772 et qui a conservé beaucoup de ses trésors. Cette ville est située au sommet d’une montagne à 2750 mètres d'altitude. Pour nous rendre, on part du fond de la vallée et l’on monte pendant 50 kilomètres et on doit rouler sur une route en pierres – littéralement en pierres – qui serpente le long des gorges et pour entrer dans la ville on doit passer dans un "tunnel" qui est en fait un ancien passage de la mine... 3.2km sous terre sans ventilation et qui devient vraiment très étroit à certain endroit et en plus, à sens unique. 

 

 

À l'époque, sans tunnel toutefois, il y avait de vastes demeures coloniales, une majestueuse église, un hôtel et un théâtre.  Il y a eu jusqu'à 40,000 habitants pendant l'exploitation des mines, mais vers les années 1905-1910, donc après la révolution mexicaine, la ville s'endort lentement.  Plus récemment, réveillée par le nombre croissant de visiteurs et de tourismes, (jusqu'à 100,000 personnes pendant le festival de San Francisco) on a cru bon de lui refaire une beauté et de creuser le tunnel.  Faut dire qu'à chaque année, les Indiens Huicholes reviennent en pèlerinage pour y célébrer leur rituel sacré.  Ils parcourent des centaines de kilomètres pour "communier" avec leur Dieu Hikuri.  Cette région, incluant une partie du désert, est un lieu sacré pour eux et c'est la raison pour laquelle ils n'ont jamais vécu dans le village mais y reviennent chaque année suivrent les traces du grand esprit Hikuri (Hikuri ou peyotl étant un cactus cierge hallucinogène.  Les indiens chantent en cueillant ces cactus et ils les consomment lors d'étranges cérémonies car ils leur attribuent une grande puissance mentale).

Une cathédrale au milieu de nulle part au cœur des montagnes. L’extérieur est semblable à ce que nous avons vue jusqu'à maintenant. Mais la décoration à l’intérieur est inimaginable. La couleur de base est crème, les peintures sont des variantes de bleu et les boiseries recouvertes d'or et des vitraux de toute beauté. Le tout dégage un éclairage comme si on était à l’extérieur. Tout ce qui est or scintille !  Cette église fut construite en 1772 et à la regarder on dirait qu’elle vient d’être construite. Pas de pillage comme on pourrait penser vue que cette ville n’a pas été habitée pendant de nombreuses années. C’est probablement à cause de la foi intense des mexicains dans l’église qui l’a protégée et fort possiblement son éloignement.  Car avant la construction du tunnel, cette place n'était accessible que par les montagnes.  Dans une annexe attenante au choeur, accessible par le transept, se trouve "la cour aux miracles".  À l'instar de notre Oratoire St-Joseph où corsets, béquilles, prothèses, cannes en tout genre ornent les murs, ici ce sont des photos, des dessins et des lettres qui font foi de reliques miraculeuses.

Somme toute, une journée superbe où on retrouve du monde vivant 100 ans en arrière… non mais sans farce… j’ai vu un homme labourer un lopin de terre avec 2 ânes, une « charrue » en bois et lui qui marchait derrière. Les ânes et chevaux (très petits ici entre « notre » cheval et l’âne) broutent où ils peuvent même sur le bord du chemin. Les ânes sont libres mais les chevaux attachés à un piquet avec une longue corde. J’ai vu un berger, un vrai de vrai, qui « cravachait » ses moutons pour les faire avancer dans la « prairie » aride.

La visite de ce lieu étrange est très impressionnante.  Seul regret peut-être c'est de n'avoir pu se rendre tout au somment du lieu sacré où parait-il ils y font encore des sacrifices, non pas d'humains mais d'animaux !  Autre bémol...  quand on déambule dans les petites rues, surtout la centrale, c'est de voir la multitude de kiosques improvisés avec des bâches plastifiées bleues où l'on vend toutes sortes de babioles (heureusement on ne les voit pas sur les photos, ayant volontairement omis de les photographier).  C'est fort inesthétique, altère considérablement les lieux mais compréhensible quand on connaît la pauvreté de ces gens.  Environ 900 personnes vivent de ce commerce discutable.

Une journée vraiment pas comme les autres c’est le moins que l’on puisse dire. Ça vous l'dit de continuer ?

Ah oui...  pendant la visite de la ville fantôme de Real de Catorce on a rencontré un couple de québécois qui était stationné en camping au Texas mais qui avait pris un forfait de 3 jours en autobus pour cette visite. On les quitte sur le parvis de la cathédrale et par pur hasard le soir on les retrouve à l’hôtel Las Palmas en question. Faut dire que les hôtels ne pilulent pas non plus. C’était un couple de Drummondville.

On quitte l'Hôtel Las Palmas le mercredi 9 février tôt le matin.  On s'en va du côté de San Luis Potosi où l'on quittera la vallée pour atteindre un plateau.  Une journée relativement facile en ce qui a trait au déplacement d’une ville à l’autre. On roule à peine 2 heures 1/2 pour s’arrêter à l’Hôtel Quinta de San Jose lieu référé par notre guide du Mexique.   Il est à peine 9h30 AM quand on arrive à destination, sans complication particulière si ce n’est qu’il n’y a pas de site proprement dit. On est installé dans le stationnement des chambres du 1er étage.  L’électricité provient de la salle abritant les réservoirs d’eau chaude quant à l’eau nous sommes branchés à l’intérieur d’un panneau mural sur le mur de l’hôtel. Donc 50 pieds de boyau dans un sens et 70 pieds fil dans l’autre et le tour est joué. (hihihi).  La température est superbe: soleil, chaleur et crème solaire.  

On part donc pour la ville question de se trouver quelque chose à bouffer pour les 2 prochains jours et visiter une partie de la ville.  Premier questionnement, sommes nous dans la ville ou en périphérie et où est le el centro.  Les mexicains sont des latins et évidemment un rien les allume alors klaxon et re-klaxon et tu fonces ou tu t’enlèves du chemin.  Je ne sais pas de quelle façon André s'est pris mais on se retrouve au cœur de la ville à coté de la fameuse cathédrale Church of our Lady of El Carmen mais rien à bouffer pour les deux prochains jours car on ne voit pas d'épicerie.  Mais la priorité est maintenant au stationnement, problème dans toutes les villes mexicaines. Il y a un groupe de jeunes gens qui semble contrôler un petit espace qui peut loger 5-6 voitures.  On se dirige vers eux et il nous indique un endroit pour stationner pour 100 pesos ($10).  On refuse et faisons mine de quitter la place, le prix tombe à 50 pesos ($5).   On accepte même si le prix est exorbitant pour eux (une personne ayant des qualifications techniques gagne environ 800 pesos par semaine) mais pas vraiment pour nous habitués que nous sommes aux stationnements de Montréal. 

On se promène donc allégrement dans la ville.  San Luis Potosi n'a rien de très particulier.  Elle a certes conservé de son passé historique un certain charme provincial.   Le centre a tout de même été préservé et offre un bel exemple d'architecture coloniale.  La cité ne vit plus de ses mines d'argent mais la noblesse des demeures rappelle cette période fabuleuse.  C'est par contre la ville des églises.  De plus, c’était le mercredi des cendres. Alors c’était plein de « pèlerins » au front orné d’une croix de cendres.

La particularité de cette architecture Churrigueresque est les tuiles bleues, vertes, jaunes et blanches qui ornent la façade avec des alcôves à profusion dans lesquelles on remarque des anges en pierres taillées, un cachet d'art indigène.  L'intérieur contient une chaire taillée refaite par Eduardo Tresguerras, des peintures réalisées par Vallejo et un mathurin (tar) baroque considéré comme l'un des plus impressionnant au Mexique.  Difficile de prendre une photo dans une église sans flash et sans déranger personne…

Pour sortir du centre ville là encore le hasard nous a favorisé.  Après avoir circuler dans des ruelles en se demandant si en bout de ligne on aurait toujours nos miroirs, on s’est retrouvé en face d’un centre d’achat à coté d’une voie rapide menant à notre hôtel. Il y a un bon dieu pour les innocents !!!!!!!!  (hihihi).  S’aventurer dans une ville mexicaine sans carte dont la majorité des rues sont plus petites que la ruelle de la 21ième, allo allo allume!

Le jeudi 10 février, on se repose.  André en profite pour laver la roulotte et moi je fais mon ménage intérieur (de la roulotte pas mon moi-même - hihihi).  Tellement de poussière (extra-fine) qui s’infiltrent partout et qui salit considérablement l’extérieur au point où André doit laver au vinaigre car l’eau contient trop de calcaire ici et ça laisse des marques difficiles à enlever par la suite. Faut surtout pas que le soleil sèche ça de façon permanente.

On repartira pour une autre excursion le lendemain dans l'État de Guanajuato.  San Miguel de Allende... nous voici...  Vous venez ?

OU

ou page 1 |2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 pour ceux qui n'ont pas tout lu d'un seul coup !