
Ce choix de destination
était un rêve pour mon mari. Par contre, ce n'était
pas une destination qui m'enchantait à prime abord. J'avais trop
entendu parler des difficultés de voyager au Mexique, on m'avait cité
des horreurs et même déconseillé d'aller là.
Mais mon mari y tenait beaucoup. En plus, il avait été
malade avant les fêtes et notre départ (quelque soit la destination
qu'on aurait choisie) fut retardée par des impératifs de dépistage
du cancer. Par conséquent, je ne pouvais lui refuser ça
et je n'ai pas eu de regret.
Donc les mois d'octobre et de
novembre ont servi à la planification du voyage: le trajet, les endroits
où camper et quoi visiter.
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La
ligne rouge vous indique le trajet parcouru dans les états mexicains.
Ça représente 14,181km incluant les USA et Qc.
Comme vous constatez, on a fait la
partie coloniale du centre de Nuevo Laredo à Mexico pour ensuite
faire la côte ouest sur le bord de l'Océan Pacifique.
Le sud et la côte
est seront pour une autre fois. |
Donc, comme je disais, après
un mois d'une interminable attente pour une biopsie, on part le 29 janvier
au matin à 7h45 précise à deux véhicules, ben
à trois (hihihi). Mon mari conduit le camion avec la roulotte
à sellette attelée tandis que moi je conduis la petite Tercel
car on va porter cette dernière chez mon fils à Brossard.
Un petit bonjour à tout l'monde et à 10h15 c'est le vrai départ...
pour L'AVENTURE avec un grand A !!!
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Donc en résumé,
de St-Damien à Brossard, pour ensuite passer par l'Ontario, le Michigan,
l'Ohio, l'Indiana, le Missouri, Oklahoma et enfin le Texas. On passera
quelques jours au camping Casa Blanca State Park de Laredo, question de se
reposer (il fait gris et c'est venteux, la température
n'est qu'à 53 degrés Fahrenheit - tout de même mieux qu'un
moins 20 Celcius) avant d'entreprendre le Mexique mais aussi pour aller
s'informer et chercher les documents nécessaires à notre séjour.
On en profitera pour faire le plein de propane, nettoyer camion et roulotte
intérieur et extérieur et faire le changement d'huile du camion.
Pas question de faire de l'épicerie pour traverser les douanes car
c'est interdit d'avoir certains aliments.
Le samedi 5 février
on lève les pattes et on s'aventure sur les routes à la conquête
du Mexique. Une chance qu’on avait déjà notre "forma
turista " personnel, il ne nous restait que le "car permit " à obtenir car ça prenait les véhicules, impossible
de les avoir sans cela. Donc, 40-45 minutes plus tard on l’obtenait
et on a pu commencer la « traversée ». Cependant,
il nous est arrivé une petite aventure... c’est l’accueil
de la police mexicaine à la première lumière à
Nuevo Laredo. Je vous raconte: à une lumière verte clignotante
la police nous signifie qu'on a passé sur la rouge. Après discussion
en français, en anglais, en espagnol… et le gestuel, un des policiers
(ils étaient 2) a semblé accepter notre
version alors que l’autre a demandé de payer la contravention
lundi prochain (on est samedi). Faut comprendre qu’il
n’en n’était pas question… alors on lui offre de
payer sur le champ même si nous pensions être dans notre droit.
(on apprendra plus tard qu'une lumière verte clignotante
est le pendant de notre lumière jaune avant que la rouge n'apparaisse
mais contrairement à ici, cet avertissement clignotant ne dure que
des millisecondes). Donc, pour revenir à notre aventure...
celui qui semblait accepter notre version demande à mon mari de se
diriger au camion et d’attendre. Après quelques minutes, ce dernier
demande nom, adresse, etc… pour compléter sa contravention et
il fait signer André pour finalement nous dire de partir. On ne comprenait
plus rien et mon mari demande: « je ne paie pas ma contravention ? »
et comme réponse on a eu un « it’s ok, no pay ».
Comme vous voyez… il y a du bon monde au Mexique.
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La
85 n'est pas si mal, pas pire qu'au Québec en tout cas, sauf qu'à
certains endroits il y avait de la reconstruction de route. Et c'est
là que ça se complique car eux ils ne font pas de voies de contournement.
On passe où c'est possible... soit sur le bas-côté (et
c'est peu dire) soit dans des petits villages (avec
une roulotte de 27 pieds, oui m'sieur) et comme si ce n'était
pas suffisant, il y avait de la pluie et certains de ces détours nous
obligeaient à rouler sur de la terre pour ne pas dire des "trous
de bouette". La terre du chemin est une sorte de mélange
sable/glaise ce qui la rend extrêmement glissante et très collante
à nos chaussures. On s'est fait brasser pas mal. De plus
les bords de route sont des dépotoirs ce n’est pas un euphémisme,
croyez-moi : des pneus, des sacs de vidanges, des parties de carrosserie d’auto,
des matériaux de construction… tout y passe. En plus, il
y a les chiens errants, les vaches, les ânes, les chevaux et les chèvres
qui broutent sur le bord du chemin comme si de rien n’était.
Il y a également les « restos » du coin qui pilulent tout
le long du chemin et où, pour certains d'entre eux en tout cas, je
n’aurai pas fait manger mon chien si j’en avais eu un (hihihi).
(Les photos sont brouillées un peu car prises en roulant) |
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On
doit se rendre à Saltillo pour le camping mais avant on doit passer
par Monterrey (qu'on a l'intention de visiter mais à
partir de Saltillo - voir la carte ci-haut).
Monterrey est une ville encerclée
de 2 importantes chaînes de montagnes: la célèbre montagne
Cerro de la Silla (5,700 pieds / Silla = chaise ou selle),
et la Cerra de la Mitra (7,800 pieds et rappelant la mitre
d'un évêque) ce qui rajoute à son charme de ville
plateau. Donc, nous nous sommes retrouvés dans un environnement
montagneux à souhait, en plein brouillard. Et le mot est faible. Nous
étions à un certain moment littéralement dans les nuages.
On ne voyait pas 10 pieds devant nous. De plus, c’est un pays
de sécheresse, donc la végétation se résume à
de la broussaille et des cactus étalés ici et là.
C'est impressionnant pour nous habitués à nos grandes forêts
et nos montagnes peuplées d'arbres. |
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L'Hôtel Imperial del
Norte à Saltillo a un emplacement pour RV dans le stationnement arrière
de l'hôtel. Il y a 16 places de « camping » avec électricité (sic *) et eau. (regardez bien derrière
la colonne de gauche, on aperçoit un bout de notre roulotte - hihihi).
Nous ne sommes que 2 à camper là par ce temps… un couple
de canadiens-anglais de Winnipeg. On doit faire attention à ce que l’on branche car les fusibles
sautent tout l’temps. On alterne entre le chauffage (eh
oui… il ne fait pas si chaud que ça, pas encore) et les
autres besoins (lumières, fan du poêle, frigo,
eau chaude, etc…). C'est un endroit propre, asphalté
et sécuritaire. La vue devant l'hôtel est fantastique.
Voir ces majestueuses montagnes mexicaines, en pleine ville, c'est assez spécial.
On y passera 3 nuits.... |
| Une fois installé, on est allé
faire notre première épicerie mexicaine. On s'est acheté
de la bière et une bouteille de vin pour fêter notre premier
souper et soirée au Mexique !!! Ne riez pas, mais pour
commencer « en douceur » on s’est acheté de la "cerveza " Moosehead (hecho (fait au) en Canada – on a déjà le mal du pays – hihihi) et un shiraz
de San Juan, Argentina « Las Moras » qui était exquis !!!
Pour accompagner ça, j’ai servi un rôti de porc découpés
en lamelles frites (hihihi) avec pommes de terres en tranches, salade et une
« salsa québécoise » plus communément appelé
du ketchup aux fruits (hihihi). |
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Photos prises de
l'autobus à l'approche de Monterrey |
Dimanche le 6 février, visite
de Monterrey en autobus... levés tôt ce matin, on prend
un bon déjeuner, je prépare un lunch et à 8h00 on part
à l’aventure… Tiens, nos Winipeguiens partent aujourd’hui
pour Luis Potosi… Nous, on prend une petite marche de 15-20 minutes
pour se rendre à un arrêt pour prendre ledit " el camion"
(autobus) pour Monterrey. Comme on est à Saltillo, on doit revenir
sur nos pas d’environ 85 km. Le petit Jésus est avec nous car
5-6 minutes plus tard l’autobus en question arrive. Un beau grand autobus
de luxe avec 3 télévisions qui nous passe un film américain
sous titré en espagnol. Assez spécial de voir des acteurs américains
noirs parler espagnol. (hihihi). Le trajet dure 1h10, ce qui nous donne l’occasion
d’apprendre un peu plus notre espagnol et
de voir défiler par les hublots le paysage. Les montagnes les
plus élevées sont toujours dans la brume ou pollution.
Une
fois à Monterrey, on prend El Metro pour le El Centro (hihihi). On
visite, marche en masse, et photographie un peu… la Fuente de la
Vida (fontaine de la vie), la Cathédrale
Santiago, le Palacio Municipal, etc…
J’ai toujours dit
qu’une ville est une ville… c’est vrai pour ici, surtout
ici je devrais dire car c'est la ville la plus nord-américanisée
du Mexique. Mais tout de même intéressant de voir ces maisonnettes
colorées, ce peuple chaleureux et aidant. On réussi à
sortir quelques mots de notre espagnol et on se fait comprendre. Le centre-ville
bouillonne de vie avec ses marchés publics, ses rues piétonnes
et ses commerces en tout genre. On s’est promené pas mal
sur l’esplanade qui était en réfection. Ça sera
très joli et surtout très très propre ce qui contraste
beaucoup avec les alentours. Nous sommes au centre-ville et comme beaucoup
de centre-ville… les vieilles bâtisses laissent à désirer
!!!
Monterrey - fondée
en 1596 par Don Diego de Montemayor pour le vice-roi de la Nouvelle Espagne
Don Gaspar de Zúñiga y Acevedo - est la 3ième
ville en importance du Mexique avec une population d'environ 3,5 millions
et la plus riche du pays car fortement industrialisée en raison de
la proximité des États-Unis. La richesse étant
tout comme ailleurs répartie inégalement. Ici pas de filet social
à ce que je peux en juger. Ce sont les personnes âgées
et les impotents qui remplacent nos jeunes itinérants. Cependant, en
dehors du grand centre les maisons sont des cabanes que personne accepterait
comme remise à jardin. Ça contraste beaucoup avec la richesse
et l'art rencontrés en ville. Malgré tout ils sont joyeux
et toujours près à rendre service. On a qu’à poser
une question et ils sont trois à y répondre.
Le soleil étant au
rendez-vous, on s’arrête sur un banc de parc pour savourer notre
lunch et nous reposer, pendant qu’à côté, sur une
place publique il y a un genre de fiesta d’où nous provient des
effluves d’un orchestre. Cet arrêt, même de courte durée
fut fort salutaire car il nous faut retrouver notre route maintenant après
avoir tournaillé de gauche à droite du nord au sud… en
premier lieu faut retrouver notre bouche de métro et par la suite on
arrive par miracle à l’arrêt de l’autobus 5 minutes
avant son départ (ben son retour pour nous) vers Saltillo. Il est 4h00
pm et j’suis crevée, un pied amoché (of course) mais la
journée fut agréable et intéressante.
Prochain arrêt: Saltillo… el centro para camion.
Vous venez avec moi ??? Suivez la flèche...
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